L'homo sapiens que nous sommes est-il si éloigné de son ancêtre du Sauveterrien qui commence à se sédentariser dans cette vallée accueillante, qui chasse le chevreuil dans le forêt du Fumélois avec son arc et ses flêches, qui apprend à pêcher dans la Lémance et peut-être même à reconnaître le bolet tête noire que nous trouvons au marché de Villefranche ?
Le musée Laurent Coullonges de Sauveterre est essentiellement dédié à la présentation de cette période de transition - souvent mal connue du grand public - qu'est le mésolithique, il présente aussi un excellent résumé de la "pré-histoire" du Fumélois, des premiers indices de l'occupation humaine dans cette contrées, il y a environ 500 000, à la période Gallo-Romaine qui marque son entrée dans "l'histoire".
Il y a 500 000 ans Homo Erectus s'installe en Haut-Agenais dans une région au climat doux, dans un milieu boisé. Au début il ne maîtrise pas encore le feu. Probablement chasseur, mais doté d'outils encore peu variés et peu efficaces (galets aménagés et bifaces), il est surtout cueilleur et charognard.
Peu à peu le climat se refroidit et le milieu végétal change; la prairie se développe au détriment de la forêt. Notre homme doit s'adapter et ces adaptations sont de deux types : physiques d'abord puisqu'il abandonne sa vieille peau d'Homo Erectus vers - 200 000 ans pour prendre celle d'un Homo Sapiens, l'Homme de Néandertal, très adapté au froid; culturelles aussi car il apprend entre autre à faire du feu. Son équipement technique devient plus varié et efficace (racloirs aux formes variées, pointes moustériennes...), essentiellement réalisé sur des éclats de silex et non directement taillé dans un bloc comme les outils de son prédécesseur. Comme celui-ci il posséde des instruments en bois - des épieux en particulier - mais qu'il rend plus solides en les durcissant au feu.
Vers -40 000 ans Homo Sapiens Neandertalensis se retrouve en compétition face à nos vrais ancêtres (Cro-Magnon... et autres) venus d'Afrique par le Proche-Orient.Vers - 40 000 ans Homo Sapiens Neandertalensis se retrouve en compétition face à nos vrais ancêtres (Cro-Magnon ...et autres) venus d'Afrique par le Proche-Orient.Ces derniers dotés d'un outillage plus efficace (sagaies lancées grâce à des propulseurs) et moins biologiquement spécialisés résistent mieux à la fin de l'ère glaciaire. Alors que Néandertal disparaît son successeur conquier tous les continents de la planète.
C'est donc notre ancêtre Cro-Magnon qui bénéficie de l'amélioration climatique il y a 10 000 ans et crée les cultures dites "mésolithiques" dont le "sauveterrien", culture définie par le préhistorien Fumélois, Laurent Coulonges, dans ce village du Lot-et-Garonne dont elle porte désormais le nom. Le climat redevient doux et la forête repousse. Si l'on excepte les clairières aménagées depuis le Moyen-Âge pour l'agriculture, les terres draînées en fond de vallée...et quelques maisons! le milieu de vie des Sauveterriens il y a 10 000 est assez semblable à celui que cotoient encore aujourd'hui leurs arrières-arrières- arrières- ... -petits enfants, les modernes Sauveterrois.
Si le nomadisme reste de rigueur chez les Sauveterriens, il n'est plus le fait d'importants rassemblements d'hommes mais de petits groupes, constitués tout au plus par deux ou trois familles, une quinzaine d'individus et parfois moins. Ce nomadisme est plutôt culturel car le gibier chassé (sangliers, cerfs, chevreuils,...) s'est relativement sédentarisé par rapport aux grands troupeaux transhumants de bisons et de rennes chassés auparavant, durant la période dite "paléolithique". Il s'agit d'une conservation du mode de vie des ancêtres de l'ère glaciaire. Par contre la technique de chasse tend à se transformer. Elle devient plus individuelle et utilise l'arc, plus précis et maniable que la sagaie et le propulseur lorsqu'il faut chasser au milieu des bois et des fourrés où se cache le gibier. L'art aussi évolue. En fait, si les oeuvres rupestres disparaissent, les représentations figuratives d'animaux sont encore présentes sur du mobilier (plaquettes osseuses, ...), surtout au début de la période. Mais de plus en plus les représentations abstraites vont prédominer. L'exemple le plus connu est certainement celui des galets peints aziliens. Ce sont de simples galets de rivières sur lesquels ont été tracés des points et des traits, le plus souvent à l'ocre rouge.
Ces cultures indigènes vont peu à peu évoluer et peut-être se mêler à des cultures dites "néolithiques" venues du Proche-Orient porteuses d'autres modes de vie. C'est ainsi qu'il y à 6500 ans environ le fumélois commence à découvrir l'élevage, l'agriculture. Pari difficile au milieu du "pays au bois" où il faut ouvrir des clairières, par le feu probablement et avec des haches de pierre. À partir de l'Âge du fer les hommes vont par contre utiliser et exploiter de plus en plus les "pépites" du fumélois, le minerai de fer, et définitivement abandonner les outils de pierre. Mais il s'agit là d'une autre "histoire".
Le musée est installé au rez-de-chaussée de la mairie, une belle bâtisse du XVIIIème siècle, ancien presbytère de la paroisse. Il bénéficie d'une présentation moderne, claire et didactique. Quelques textes et dessins rendent compréhensible au commun des mortels le contenu des vitrines, constitué de pièces originales (outils de silex et d'os, ossements de la faune chassée, ...), de reconstitutions ou de maquettes (arc, sagaie, pirogue, ...). Des moulages (un foyer, des coupes stratigraphiques) et des photos viennent compléter la présentation des sites Sauveterrois. Bref, un petit musée de préhistoire agréable où l'on ne se sent pas submergé sous les "tas de cailloux".
Tel: 05.53.40.87.18 - 06.81.44.75.49 - Contact
Vallée du Lot - 86 Avenue Léon Blum, 47 500 Fumel, France